Attention : 

Je vais ici développer mon avis, et mon avis uniquement, en me fondant sur les actions de mon lycée, c’est-à-dire l’administration scolaire, le CVL et les étudiants militants. Je vais prendre pour exemple également l’impact que ça a sur les jeunes adolescents en prenant le cas de ma conjointe qui a subi de plein fouet les dérives progressistes. 

Aveuglés par la tolérance :

Notre lycée, situé en pleine agglomération grenobloise, est très porté sur le progressisme. Grenoble étant une métropole multiculturelle, ce choix d’orientation ne me semble pas étrange. Notre lycée est principalement axé sur des filières telles que la mode, les arts et les industries graphiques (des milieux très conservateurs comme tout le monde le sait) et l’administration a soutenu la construction de plusieurs « œuvres d’arts » ce qui donne une très bonne image de l’établissement, sortant un peu de la case des structures bétonnées et tristes. 

Ce n’est absolument pas une mauvaise chose attention ! C’est beaucoup moins oppressant que d’avoir des bâtiments gris et du goudron partout, et dans le cadre scolaire c’est tout à fait bienvenu, ça évite aux plus faibles de déprimer et tenter de se suicider (seulement une tentative ces quinze dernières années).
Le problème est plutôt la course à la tolérance, je m’explique : là où, en tant que lesbienne, je ne me sentais pas visée par des remarques désobligeantes ou quoi que ce soit dans mon ancien lycée, depuis que je suis ici, j’ai l’impression que les progressistes veulent absolument me rentrer dans une case, me « trier » pour ma protection. Le premier mois de mon intégration en BTS j’ai reçu bon nombre de messages me soutenant dans ma démarche d’être lesbienne (genre… Eh oh ? C’est pas un choix, merci du soutien mais… Laisse moi tranquille)

Les premiers mois au lycée, je me suis sentie pointée du doigt, mais vraiment. C’était tellement oppressif… Vous imaginez, vous croisez quelqu’un au hasard à la cantine, vous tenez la main à votre copine et paf on vient vous déranger pour vous dire « Ouah vous êtes lesbiennes ? C’est trop bien, je vous soutien continuez comme ça ! »

C’était horrible et ça le reste encore aujourd’hui.

Là où des gens normaux vont réagir « Ah t’es lesb, ok », les progressistes vont absolument vouloir te soutenir, te « protéger » de je-ne-sais-quoi. J’ai plus l’impression d’être discriminée ici que dans mon ancien lycée, où tout le monde s’en foutait des opinions politiques, de la sexualité, des religions. 

Le progressisme actuel me discrimine beaucoup plus que les anti-LGBT, et c’est grave. Très grave parce que quand je mentionne que ces remarques m’emmerdent, on me répond « Hey calme toi par contre je suis de ton côté ! » Aucune compréhension, l’aveuglement de la tolérance.

Une propagande approuvée par l’administration :

Ce que je vais raconter est très récent, et reste d’actualité d’ailleurs. C’est très grave, et c’est pourquoi je vais vous demander de lire attentivement ce que je vais vous expliquer ici. J’ai tellement de choses à dire que je risque d’évoquer des choses de manière assez confuse, mais lisez quand même.

Depuis quelques semaines, de plus en plus d’affiches amateures (faites au feutre sur feuille A4 de base, alors qu’on a des étudiants en design graphique…) sont collées sur les murs : « Black lives matter ! », « Les ouïghours sont des millions à mourir !», « La France colonise encore l’Afrique aujourd’hui ! » 

Aucune information, juste du collage sauvage, sans aucune motivation autre que l’émotion. Vous me connaissez, j’ai voulu m’amuser aussi en tant que rouge-brune, j’ai donc essayer moi aussi de faire des affiches sauvages « L’islam, religion de paix et d’amour, sauf dans ses bases », « #IslamistesDuCCIF », « BLM fait de la ségrégation aux USA, personne en parle. » J’ai pourtant respecter leurs codes : pas d’infos, une affiche dégueulasse, collage sauvage, et pourtant, les affiches étaient retirées dans la journée… On choisit la liberté de pensée ? Il est vrai que quand on est adolescent, on fait de la propagande pour la bien-pensance. Mais bon, je pense qu’ils en ont eu marre car ils ont arrêté temporairement ce genre d’affichages sauvages. 

Temporairement. Voici le collage, en bonne et due forme, collée la semaine de la rentrée, il y a deux semaines : 

L’affiche est toujours présente, bien qu’elle soit visible par tous. C’est l’endroit où passe des centaines et centaines d’étudiants tous les jours, l’administration a décidé de laisser s’exprimer la jeunesse progressiste.

Seul problème : incitation à l’insubordination, écriture inclusive sélective, copie du principe de collage féministe.

Je m’explique : 

  • Incitation à l’insubordination car cela donne l’illusion à la jeunesse qu’elle a du pouvoir, qu’elle peut faire ce qu’elle veut et personne ne pourra rien faire pour l’arrêter. Cela peut être très grave lors de manifestations, leur donner l’illusion que la police ne pourra rien leur faire pour les arrêter, et on sait tous qu’il y a des petits cons pour se croire tout permis à cet âge, et on se retrouve avec des apprentis casseurs aux idéaux anarchistes sans avoir même lu un seul livre de politique.
  • Écriture inclusive sélective : je cite « gen.t.e.s est une version inclusive du mot “gens” afin d’inclure les femmes et les personnes non-binaires. » Alors… Le mot « gente » existe, et on dit d’ailleurs « gente masculine, gente féminine », mais bref, il ne faut pas demander de réfléchir à des gens comme ça. Mais ensuite « que les gens au pouvoir. » Il n’y a pas de femmes ni de « non-binaires » élus ? En tant que militant, je suppose que vous avez des camarades au Conseil de vie lycéenne ? Ils ont pourtant du pouvoir, ce n’est pas très tolérant de les genrer. Certains peuvent m’accuser de sophisme, pour moi c’est un problème de conscience. Ou une dénonciation que le gouvernement est patriarcal ? Avec des personnalités féministes en son sein comme Marlène Schiappa, Elizabeth Moreno, Sophie Cluzel, cela m’étonnerait fortement que le gouvernement soit patriarcal.
  • Copie du principe de collage féministe : le collage féministe est devenu un symbole de dénonciation et « d’émancipation » de certaines femmes, je retiens par exemple les collages tels que ceux-ci :

Ces collages sont nécessaires. Je vois venir certains Charles m’avertir sur les dérives du féminisme 2.0. Je les combats aussi camarades, ne vous en faites pas pour ça, mais une partie pourrissante ne doit pas nuire au mouvement principal, sinon la Charlosphère est vraiment le pire mouvement sur Twitter avec toutes les dérives et drames interdits.

Ces collages sont importants car ils portent au public un problème grandissant : la banalisation des violences faites aux femmes (certainement due à la fameuse religion de paix et d’amour). Cette méthode d’alerte m’a permis – à titre personnel – de me rendre compte que cela paraissait normal pour certains hommes de maltraiter des femmes. Je galvaude sur Twitter, mais c’est un véritable fléau que vivent beaucoup de femmes en France. Je reviens où je voulais en venir; utiliser un symbole comme le collage féministe pour écrire une telle bêtise, c’est enlever sa marque de noblesse à ces jeunes militantes qui se battent pour le droit et la justice des femmes battues, et dans un lycée de progrès, où l’on apprend à lire entre les lignes, je trouve ça honteux. 

La colère des autres étudiants : 

Heureusement, tous les étudiants ne sont pas progressistes, et beaucoup sont excédés de voir les dérives des manifestations, du militantisme abusé, et des blocus devant l’entrée principale. Je vais prendre ici l’exemple des manifestations pour combattre la réforme des lycées de l’an dernier. Combat noble, n’est-ce pas ? J’ai participé aux manifestations du PCF au centre-ville, mais pas à celle du lycée, pourquoi ? La simple et bonne raison qu’il y a eu une bagarre. C’était le jour du bac blanc pour beaucoup de terminales et premières , et les militants bloquaient l’entrée du lycée avec du mobilier. Après avoir demandé de dégager le passage avec plusieurs camarades de classe, le ton est monté, et c’est parti en enfoncement du barrage et distribution de tartes, je vous rassure, aucun blessé, mais c’est dès cet instant que des tensions entre étudiants ont commencé à émerger entre ceux qui abusaient des causes de gauche pour sécher les cours et ceux qui veulent suivre les cours et avoir un avenir autre que chômeur option fumeur de joint.

 Je reste donc persuadée qu’aujourd’hui encore, des tensions peuvent refaire surface, d’autant plus avec la crise sanitaire que l’on traverse. Je reste persuadée que des gens veulent lutter contre les dérives progressistes de l’établissement mais ne peuvent pas par peur d’être harcelé ou stigmatisé comme je le suis depuis l’événement de la manif.

[…]

Un milieu dangereux pour les jeunes adolescents

On entre dans la partie où je vais prendre en exemple le cas de ma conjointe, introduite dans le milieu progressiste dès ses 15 ans. Ce passage peut être propice à la citation de grands auteurs et psychologues, mais n’étant pas très calée sur le sujet, je préfère ne pas citer ces personnes pour ne pas risquer de mal interpréter leurs pensées.

Je ne suis pas non plus à l’aise à l’idée d’exposer ma vie privée ainsi que ma relation avec la personne que j’aime, je laisserai donc volontairement quelques flous pour garder l’anonymat au maximum.

Je vais faire bref sur une petite mise en situation. Je suis lesbienne, et je connais ma copine depuis sept ans, nous sommes en couple depuis quatre ans et elle est de confession musulmane; à cause de notre relation, elle a énormément de problèmes avec sa mère. Notre relation se vit donc dans le plus grand secret depuis deux ans. 

Ma conjointe est donc très affaiblie psychologiquement, et j’ai beau lui apporter le plus de soutien possible, je ne jouis pas d’autant de liberté que j’aurais aimé pour la soutenir. 

Depuis maintenant un an, je remarque un changement clair dans sa personnalité et ses avis politiques, et la raison a été plutôt évidente dès que j’ai commencé à m’en inquiéter. 10h de philosophie, un cercle d’ami(e)s progressistes et une situation mentale encore plus désastreuse que je ne le pensais – ceci n’est pas un appel à l’aide, je fais de mon mieux pour l’aider dans la période compliquée qu’elle traverse, merci de ne pas me prendre en pitié, je déteste ça – bref, de la petite religieuse un peu coincée que j’ai connue à l’époque, qui avait du mal à assumer notre relation et du mal à m’embrasser, je me retrouve avec une adolescente de 17 ans, dont les avis politiques se portent essentiellement sur l’émotion, intolérante à mon humour noir et à mon galvaudage habituel, formatée entre la religion avec la haine de la France et la tolérance qui l’empêche de rire et d’extérioriser ses sentiments. 

Combien de jeunes adolescents sont ainsi formatés par la tolérance et le camp du bien ? Combien de vos connaissances arborent maintenant les couleurs de #ACAB et #BlackLivesMatter , sans en connaître le contexte et les enjeux politiques ? Beaucoup trop, regardez devant vous, regardez dans la rue pour les manifestations étudiantes. Le constat est consternant, c’est toute une partie de notre génération qui est embrigadée dans l’idée de bien-pensance, du nazisme et au refus du débat.

Les antifas, c’est notre génération, qu’on le veuille ou non. Il est donc de notre responsabilité de les combattre, et pour ça, une seule solution : La Charlosphère.

La Charlosphère, la liberté ou la décadence.

Bon, il est temps de conclure ce petit article. Si vous me suivez sur Twitter @LiaMagdala , vous savez que je prépare une affiche de la Charlosphère « grand public » pour l’afficher dans mon lycée et qui sait, dans le vôtre aussi. 

Pourquoi faire ça ? Pour ne pas laisser qu’une seule solution de pensée, parce que c’est ça aussi la Charlosphère : lutter contre le fanatisme idéologique (certains semblent l’oublier, je vise personne sauf ourss et napo).

Toute notre génération n’est pas progressiste, et il existe des gens qui se sentent bien seuls dans un milieu parfois oppressant comme je l’ai explicité plus haut. La Charlosphère peut vraiment aider ces jeunes qui se sentent isolés, forcés de rejoindre une cause qu’ils n’aiment pas, contrairement à ce que prétend monsieur Martin, nous n’appelons pas au harcèlement, nous appelons au nettoyage de la pensée unique (l’horreur, quasiment le nazisme), nous appelons les multiples voix silencieuses à se soulever contre la tristesse et la froideur du progressisme, et nous nous amusons à troller les tartuffes. 

Je suis pleine d’idéaux, peut-être que je suis conne de penser pouvoir changer quoi que ce soit à la situation, mais si je peux faire chier ces pourris du camp du bien et sauver quelques jeunes du formatage qu’impose la tolérance à outrance, ça me va.

Petite conclusion : 

Je ne sais pas si cet article vous a aidé à vous faire une idée de ce qui se passe dans les lycées, je pense surtout que ça m’a également aidée à extérioriser quelque chose que j’avais en moi depuis trop longtemps. Je vous remercie d’avoir lu ces lignes, n’hésitez pas à me suivre sur Twitter pour des nouvelles sur l’affiche et si vous voulez suivre l’actualité de ma résistance futile au sein de mon lycée.

Auteur

À propos de l’auteur

L de LGBT, mais pas représentée.
Neutre au travail, politique en privé.
Libre de donner mon avis, et libre d'écouter le votre.

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2 commentaires

  1. Bruh ne prenez pas en compte mon commentaire précédent, j’avais pas encore lu tout l’article 😂. C’est bon j’ai ma réponse.

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