Музей « Територія терору »

Viacheslava Chornovola Ave, 45, Lviv, Lviv Oblast, Ukraine, 79000

A Lviv (Ukraine, région de Galicie) il existe un musée qui, par son nom, nous fait entrer dans la terreur nazie et communiste. Ouvert en 2017, ce petit musée vaut la visite même si son nom rappelle le très mauvais livre de Timothy Snyder, Bloodlands.

Mais ici c’est vraiment un territoire qui a connu le sang. Lors des travaux du musée les ouvriers sont tombés sur quatre restes de corps !

C’est un petit musée immersif comme le musée de l’insurrection à Varsovie, le Muzeum Powstania Warszawskiego.

Mais celui de Lviv montre la zone d’internement de la rue Chornovola (le musée est placé au 45). Lieu de transit pour l’envoi des déportés depuis la ville où se trouvait le troisième ghetto de la zone occupé par les nazis.

Le musée est composé de quatre baraquements, de rails, d’un fourgon et de miradors. On circule à travers les différentes salles où l’on peut découvrir les étapes de la déportation depuis la maison jusqu’au camps d’internement. Peu d’objets historiques sont présents mais on peut noter les restes de l’orchestre qui jouait pendant les déportations ou encore des reliques de la « Shoah par balle ».

La seconde partie montre les horreurs de la grande famine ukrainienne appelé « Holodomor ». Mis en place par Staline, ce génocide aurait fait des millions de morts entre 1932 et 1933. A ce sujet, vous pouvez voir les débats historiques sur le sujet depuis sa découverte par l’historien Robert Conquest et James E. Mace.

Enfin le musée conserve quelques sculptures de la période communiste d’après-guerre et aura pour vocation a s’agrandir dans le but d’en conserver les œuvres mémorables. Actuellement, on peut y voir des sculptures d’un bâtiment détruit lors de travaux.

Ce musée est la réalisation d’un changement politique puisqu’il s’inscrit dans l’après Maidan. Depuis 2015, le gouvernement ukrainien a mis en place une série de lois de « désovietisation » sur la condamnation des régimes nazi et communiste et la nouvelle appellation de la guerre délaissant le terme de « grande guerre patriotique ». Comme le dit l’historien Volodymyr Viatrovych :

« Le passé communiste est un outil que la Russie a utilisé et utilisera encore. Alors la décommunisation, en plus de restaurer la justice envers les victimes, a une autre mission et objectif, celle de rappeler le danger des agressions russes appuyées par leurs partisans communistes. »

Les débats sont lancés depuis que l’Union Européenne a déclaré que la Russie et l’Allemagne étaient toutes les deux responsables du déclenchement de la guerre et que l’Ukraine est entrée en guerre en raison de sa volonté de faire parti de l’union.

Pour aller plus loin

– Adrien Sénécat, Le Parlement européen a-t-il « réécrit l’Histoire » de la seconde guerre mondiale ? (2019)

– Andrii Hrynykha, Ukraine’s De-Communization: Pros and Cons (2019)

– Jacques Sémelin, Timothy Snyder et ses critiques (2013)

À propos de l’auteur

Docteur en histoire de l'art.

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