À lire Twitter, nous serions en guerre contre l’islamisme. Pour ne pas faire durer le suspens, voici ma position ; oui nous sommes en guerre. Mais de quelle manière ? Et surtout : comment gagner la guerre ?

Les causes de la guerre

Ces dernières semaines, se sont multipliés sur le territoire français et même à l’étranger, des actes qu’on qualifierait volontiers de « barbarie » mais qu’il faut bien comprendre comme l’attaque d’un modèle de civilisation plutôt que comme des actes isolés. Voici une évidence. Quand les attaques se multiplient, elles constituent de facto une offensive et non pas une succession d’évènements sans lien. La cause – ou plutôt le prétexte – de cette offensive nous le connaissons : les caricatures de Muhammad, que les musulmans ont pour prophète.

Ceci est la cause directe, mais pas la cause profonde. Dans son œuvre majeure De la guerre, le stratège militaire Clausewitz explique dans la vingt-quatrième partie du premier chapitre – intitulé « La guerre n’est que la continuation de la politique par d’autres moyens » – que la guerre est l’instrument de la politique. Les objectifs politiques sont le but à atteindre, la guerre est le moyen d’y arriver. Il distingue ainsi les guerres dont les motifs ont une grande ampleur et une grande puissance de celles dont les motifs et les tensions sont faibles. Plus les motifs sont ténus et plus la guerre sera purement un instrument de la politique. À l’inverse, plus la situation qui la précède est tendue, plus la guerre vise au renversement de l’adversaire.

Ainsi elle semble se soustraire à l’autorité de la politique pour ne suivre que ses propres lois : le but militaire est l’objectif politique deviennent identiques. Si nous sommes en guerre, alors on peut dire que son motif est de grande ampleur, ses causes sont profondes et non pas superficielles comme pourrait l’être une guerre dont les belligérants auraient une faible implication idéologique et même émotionnelle. On ne peut donc pas sortir de ce conflit par un traité de paix ou un statu quo, cette guerre est une lutte à mort. Ce sera eux où nous.

Contre qui ?

Un problème se pose toutefois : qui est ce « eux » ? Car nous le savons, ce conflit n’engage pas deux états avec deux armées régulières dans une guerre conventionnelle. Notre ennemi n’a pas d’uniforme, pas d’état-major à proprement parler et pas de Convention de Genève à respecter. Notre ennemi n’est pas entièrement constitué.

On distingue deux types de terrain des opérations dans cette guerre. D’une part, un front militaire où sont engagés nos troupes en Opération extérieure. Ce terrain est celui où nous remportons le plus facilement de succès :

Nous le savons, du strict point de vue militaire, notre domination est incontestable. Ils le savent aussi, c’est la raison pour laquelle les islamistes ont ouvert un deuxième front, cette fois sur notre propre territoire avec des méthodes non conventionnelles : le terrorisme. Cette stratégie est très commode en ce qu’elle évacue le combat. Nul besoin de lutter pour atteindre sa cible, il suffit de se dissimuler et d’attaquer de manière opportuniste ou calculée. Il est très difficile de s’en défendre. On ne peut que réagir, après-coup.

Ne nous y trompons pas, cette stratégie n’a pas vocation à remporter des succès militaires importants, mais à déstabiliser l’ennemi – nous – dans ses propres bases, à jeter la confusion et entretenir un climat de haute tension. Méfions-nous toutefois, car on voit des nations qui prennent fait et cause contre la France et nos idéaux, au profit de nos ennemis ; la Turquie d’Erdogan semble bien belliqueuse en ce moment, le Pakistan s’agite et un ancien ministre malaisien se sent d’inviter à notre massacre sur Twitter. Mais là n’est pas le danger le plus immédiat, Erdogan sait qu’il ne peut rien contre la France… quant au Pakistan où la Malaisie, ai-je besoin de faire un dessin ?

Le véritable danger est moins militaire que culturel, et c’est ici que je compte faire intervenir Gramsci. Selon lui, toute conquête de pouvoir passe nécessairement par le ralliement de la population à ses idées. C’est le principe d’hégémonie culturelle. Cette hégémonie se conquiert à travers de multiples canaux tels que les arts, la télévision ou la presse écrite. Selon lui, c’est par l’hégémonie culturelle que la classe dirigeante se maintient au pouvoir, il faut donc lui faire la guerre sur un plan culturel en premier lieu, ce qu’il appelle la guerre de mouvement à quoi s’ensuit la guerre de position. Sur le site Le Vent se Lève, Lenny Benbara explique très bien ce concept gramscien :

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On ne peut pas nier que l’islamisme a commencé à faire son trou dans cette guerre de mouvement (pour employer un oxymore). À travers un long travail de sape des idéaux démocratiques de l’Occident et universalistes de la France, et de promotion du communautarisme.

Si on voit fleurir des milices fascistes telles que les Loups Gris, c’est parce ces derniers se sentent en confiance, ils se sentent en confiance car ils savent que certains discours viendront minimiser leur portée :

Que faire ?

La réponse est assez simple, en réalité. Si nous sommes tout à fait capables de mener une guerre matérielle avec succès, il semblerait que nous ayons abandonné le terrain idéologique depuis trop longtemps à des discours communautaristes et sécessionnistes. Il convient donc de reprendre les armes, non pas des fusils d’assaut, mais de la rhétorique et de la dialectique à travers tous les canaux possibles. S’ils veulent tuer nos profs, il faut faire de nos profs – à nouveau – des hussards noirs de la République. Il faut investir les médias, les réseaux sociaux, les discussions de salon. Il faut expliquer à certains gauchistes que l’Islam politique n’est pas un allié mais un adversaire à mettre en échec par tous les moyens. Il faut combattre sur le terrain intellectuel et juridique les associations qui collaborent avec l’ennemi. Il ne rien céder à l’ennemi, contrairement à ce qu’a fait la carpette Justin Trudeau.

Notre liberté n’a pour limites que celles que l’on s’est fixés sans avoir à subir de pressions extérieures. Ce n’est pas au Koweït, au Pakistan, à Erdogan ou à leur tapin Trudeau de déterminer quels sont nos droits.

À propos de l’auteur

Amateur d'art, d'esthétique et de culture, pourfendeur de fans de k-pop.

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