Deux figures de mes deux pays, deux influences de mes deux cultures.

Dans cet article, je vais exposer ma pensée par rapport au patriotisme et et le fait d’avoir des origines étrangères. Je vais commencer par présenter certains éléments de ma vie, pour ensuite expliquer mes idées.

Je suis personnellement français de par mon père, et italien de part à ma mère et j’ai vécu aussi bien en France, qu’en Italie. Je suis un marxiste-léniniste, mais, il y’a quelques années déjà, j’ai été gauchiste. Je suis patriote souverainiste italien ET français, tout en étant internationaliste, ou plus simplement « pluripatriote » (je ne sais pas si ce terme existe déjà ou non, mais il me semble adapté). Je me définis comme patriote car j’aime mes deux pays et je suis souverainiste dans le sens que je veux que mes deux pays soient autonomes et libres, ce qui me semble logique pour un patriote : aimer son pays, c’est aussi vouloir qu’il ne soit pas asservi ou victime d’un quelconque impérialisme. Je suis donc logiquement aussi fortement eurosceptique. Je suis internationaliste car je souhaite que mes deux pays, ainsi que tous les autres pays du monde, soient solidaires et unis, pour enfin une humanité réconciliée, qui permettrait notamment la fin des guerres, celles qui tuent les enfants de la patrie. Dans cette vision internationaliste, le souverainisme est pour moi indispensable : des nations indépendantes, ce sont des nations qui sont le même pied d’égalité, évitant donc que toute nation ne prennent le dessus sur une, voire plusieurs, nations. Je ne suis pas totalement opposé au multiculturalisme (dans sa définition de base, et non pas dans la définition de certains), mais je ne développerais pas ici, pour ne pas faire de hors-sujet.

Pour l’instant, et ça pourrait changer, je ne me définis pas comme nationaliste, simplement car je n’ai pas une définition claire du nationalisme, deux définitions s’affrontent :

– La première, celle à laquelle je n’adhère pas, est que le nationalisme est une forme de patriotisme poussée à l’extrême : une obsession aveugle et irréfléchie pour sa patrie, ignorant, voir rejetant, dès lors les autres nations, ce qui rentre en contradiction avec l’internationalisme.

– La seconde, avec laquelle je serais d’accord, est en fait ma définition de patriotisme : aimer son pays, vouloir son plus grand bien, le protéger des impérialismes, le vouloir souverain etc. Dans cette définition du nationalisme, la première définition que j’ai donnée s’appliquerait au terme ultra-nationaliste, ce qui n’est pas illogique non plus, vu que le préfixe « ultra » désigne clairement une exagération. Mais le simple fait d’aimer son pays ne pousse-t-il pas à vouloir le protéger ? Le simple fait d’aimer son pays, sans rien d’autre, me paraît peu logique.

Ces termes ne sont pas clairs : Marx est souvent définit comme anti-nationaliste, et Togliatti, comme Jaurès, parlent du nationalisme comme dans la première définition que j’ai donné. Pourtant, Huey P. Newton, figure du Black Panther Party, parle du nationalisme comme dans la deuxième définition, tout comme ceux qui se réclament du nationalisme de gauche, sans pour autant se dire nationaux-bolchéviques.

Ces précisions étant faites, comment peut-on se sentir patriote, ou nationaliste (j’utiliserais patriote pour le reste, mais gardez à l’esprit que si on se réclame de la deuxième définition de nationaliste que j’ai donnée, alors vous pourrez remplacer les termes « patriote » par « nationaliste »), de plusieurs pays différents ?

Chaque personne originaire de plusieurs pays est influencée, à divers degrés selon les personnes, par ces origines. Que soit physiquement (la couleur de la peau par exemple), ou mentalement avec les influences culturelles et les traditions, qui se transmettent notamment par la famille. Ces influences ne peuvent pas être enlevées, alors que faire ? Beaucoup de personnes, notamment chez les plus jeunes, qui ont des origines étrangères se retrouvent tiraillées, faut-il choisir un des deux pays ? Si oui, lequel ? Choisir un pays revient à abandonner l’autre, pourtant les influences dont j’ai parlé, elles ne peuvent pas, ou sont très difficiles, a être abandonnées, et elles renvoient aux origines, que la personne est sensée avoir abandonnées. Un asiatique aura toujours sera toujours vu physiquement comme un étranger, tandis qu’un italien, par exemple, n’aura pas forcément ce « problème », mais aura d’autres références culturelles, ou une autre manière de percevoir certains sujets comme le rapport aux autres.

Selon moi, la phrase « Choisir c’est renoncer » ne fonctionne pas : on ne peut pas renier ce que l’on est, peu importe pour quelle raison. On ne peut pas demander à un homosexuel de tomber amoureux d’une personne du sexe opposé, car il ne peut pas renier ce qu’il est.

Il est donc (quasiment) impossible, d’abandonner ce statut de personne d’origines, mais la personne ne doit pas non plus renier où il vit. Il ne doit pas refuser de s’intégrer sous prétexte que ce n’est pas vraiment chez lui. La personne doit s’adapter, faire des compromis. On ne vit pas de la même façon partout dans le monde, et la société ne cédera pas, et ne doit surtout pas céder, aux caprices communautaristes. Peu importe la raison qui a poussée à ce que ces personnes se retrouvent dans ce pays, ces personnes doivent s’adapter à là où elles vivent, sans pour autant abandonner leurs origines, mais en les conciliants. Comme je l’ai dit, elles ne pourront pas être exactement comme les autres, mais elles peuvent et doivent s’adapter au pays dans lequel elles vivent, pour leur bien (car le communautarisme n’apporte rien de bon à personne), celui dans lequel ces personnes vivent, et le(s) pays d’origine de ces personnes (car ces personnes donnent une mauvaise image de ce(s) pays).

Pour contrer mes propos, certains seraient susceptibles de me poser deux questions, auxquels je vais répondre maintenant :

– « Dans un match de football (je prends ce sport car c’est le seul que je connaisse bien) France-Italie, tu supportes qui ? »

– « Si une guerre France-Italie se déclare, tu t’engages pour qui ?»

Pour la première question, je répondrais que je supporterais la France, car je supporte l’Équipe de France depuis petit. Et aussi, je n’ai jamais vraiment aimé la Squadra Azzurra.

Pour la deuxième, je répondrais par une autre question : « Serais-tu prêt à t’engager contre ton propre pays ?», évidemment que la réponse sera négative.

Pourquoi ? :

Parce que personne n’a envie de faire du mal à son pays, car cela revient aussi à se faire mal à soi-même. Donc dans ce cas-là, je déserterais, ce que certains verront comme un acte antipatriotique, mais c’est l’acte le plus patriote qu’il soit dans cette situation, car si je m’engage pour un pays, alors le pays contre lequel je m’engage, qui reste donc un pays dont je suis originaire, jugera cet acte, à raison, en tant qu’acte antipatriote.

Le seul cas dans lequel je m’engagerais, serait celui où l’un des pays agresse l’autre, mais dans ce cas-là, je m’engagerais à défendre le pays agressé, et je déserterais en cas de contre-attaque. Pour conclure le sujet de la guerre, il me semble approprié de citer Palmiro Togliatti, qui fut secrétaire général du Parti Communiste Italien : « Une guerre d’agression est un fléau non seulement pour les peuples qui la subissent, mais aussi pour le peuple qui la déclenche […] il est du devoir patriotique des citoyens que de refuser de la soutenir, et de lutter contre elle. » (citation tirée de l’article « Le patriotisme des communistes », paru dans Rinascita en 1945).

Ce dont je parle n’est pas un sujet facile pour les personnes avec des origines étrangères,  c’est un sujet qui créé beaucoup de problèmes, et qui nécessite beaucoup de réflexion, et dans cette époque où l’on nous incite à moins réfléchir (la philosophie est vue comme un sujet ennuyant, les modes, les divertissements à foison etc…), où l’on idéalise certaines personnalités, qui deviennent des maîtres à penser, et surtout l’extrémisme généralisé: tu ne peux pas être d’accord avec tel personne sur un sujet, tout en étant en désaccord avec la quasi intégralité de ses idées, c’est tout ou rien. Si tu es d’accord sur un sujet avec une personne qui se dit de droite, alors tu es un facho (ou un rouge-brun si tu te revendique de gauche). Si tu es d’accord sur un sujet avec une personne qui se dit de gauche, alors tu es un islamo-gauchiste (le « islamo » étant optionnel). La société aime les scandales, et en créé même là où il n’y en a pas, donc pour éviter les problèmes, mieux vaut suivre le maître à penser, celui qui passe à la télé, celui qui a son journal, mais je divague.

Aujourd’hui, ceux qui « représentent » les personnes d’origines étrangères (qui sont dans la France d’aujourd’hui, majoritairement noires et arabes) accentuent les différences entre les personnes « de souche » et les étrangers : en ayant donc, les mêmes idées que le camp qu’ils sont sensés combattre. Ces personnes vont dire que le pays est raciste, xénophobe, et que donc il faut lutter contre ce pays, pour lutter contre ces idées. Ils diront que ceux les personnes de souche ne peuvent parler de racisme et qu’il faut laisser la parole aux concernés, sauf que si le concerné en question n’est pas d’accord avec eux, alors ça devient un traître, et il ne faut pas l’écouter, ce qui est un comportement digne des sectes les plus dangereuses. Ces « représentants » passent tout autant dans les médias que leurs soi-disant opposants, qui ont le même discours qu’eux, mais qui s’adresse à « l’autre camp ».

Des deux côtés on va dire que le système les oppresse, se positionnant en victimes, tout en s’exprimant librement, en plus d’être mis en avant, par ce même système.

Des deux côtés, ces maîtres à penser poussent à l’exclusion, à une fracture de la société : à une guerre raciale et culturelle.

Dans ces conditions, il est quasiment impossible de réfléchir et de débattre paisiblement sur un sujet du genre, car des deux côtés, les arguments seront, dans la substance, les mêmes pour convaincre du fait qu’il est impossible d’aimer plus d’un pays: car du côté des « patriotes » (patriotes qui œuvrent à la création d’une guerre civile dans leur pays), comme de celui des « anti-racistes » (qui par leur racialisme incitent indirectement, des fois directement, au racisme, que ce soit contre leurs ennemis, ou contre eux-mêmes, tellement ils arrivent à se rendre insupportables), le but est le même, aveugler et diviser un maximum le peuple pour conserver la société telle qu’elle est, tout en s’enrichissant le plus possible par la vente de livres notamment.

Il est donc de notre devoir d’arrêter d’écouter ces personnes-là, pour ramener du calme dans les débat politique, pour mieux réfléchir par soi-même, et privilégier au sein du débat qui concerne le « Comment se sentir quand on a plusieurs pays d’origine ?

», une réconciliation entre ces origines, plutôt qu’une fracture. Après tout, une humanité réconciliée n’est-elle pas préférable à une humanité divisée ?

Mot de la fin

Dans ce court texte, je n’ai fait que partager mes réflexions, qui se basent notamment sur mon vécu. En tant que franco-italien, j’arrive à me sentir patriote de deux pays, mais peut-être que pour quelqu’un qui a une autre origine, voire plusieurs autres, ce n’est peut-être pas possible. Mais là encore, il faut que ces personnes puissent réfléchir calmement, sans être poussées par quelques pressions que ce soit.

Je sais que je n’ai pas trop développer ma manière d’être pluripatriote, comment je fais pour l’être, et en quoi, simplement parce que cela contient trop d’informations personnelles, mais aussi parce que ce genre de chose est difficile à mettre en mots.

Dernière chose, n’ayant pas trouvé quelqu’un autre parler de ce que j’appelle le pluripatritiorisme, je n’ai comme base de mes propos que ma propre vision de la société et du patriotisme (bien que j’ai lu quelque chose sur le sujet su patriotisme). Donc, si vous êtes intéressé par le sujet, je prendrais autant l’avis des personnes d’origines étrangères, que celui des personnes « de souche ».

À propos de l’auteur

Franco-italien, ML, lycée artistique, LFC, militant au Fronte della Gioventù Comunista (FGC), D4, fait des PP Charles.
Ministre Affaires Étrangères du Charlistan.

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